La crédibilité de la Justice entamée dans l'affaire Souleymane Diouf dit Farah
La crédibilité de la Justice sénégalaise est-elle entamée dans l’affaire opposant Souleymane Diouf dit Farah à l’ancien ministre Farba Senghor ? Oui, pense la Ligue sénégalaise des droits humains, qui ne comprend pas «l’indifférence des autorités de la République face à une telle situation, alors et surtout que Souleymane Diouf dit Farah, qui refuse de s’alimenter depuis 19 jours ne demande que l’assistance des forces régaliennes pour l’exécution forcée d’une décision de Justice devenue définitive».
Et dire que la Constitution du Sénégal du 22 janvier 2001 proclame en son article 7 : «La personne humaine est sacrée. Elle est inviolable. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger. Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, au libre développement de sa personnalité, à l’intégrité corporelle, notamment à la protection contre toute mutilation physique.»
Ce même article dispose : «Le peuple sénégalais reconnaît l’existence des droits de l’homme inviolables et inaliénables comme base de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde. Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes sont égaux en droit. La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats et aux fonctions. Il n’y a au Sénégal ni sujet ni privilège de lieu de naissance, de personne ou de famille.»
Toutes choses qui font que Souleymane Diouf dit Farah devait bénéficier de la protection de la République mais malheureusement, constate pour s’en désoler la Ligue sénégalaise des droits humains, ce principe n’est qu’un vœu pieux, car il ne s’applique pas à toutes les populations.
L’exemple le plus patent, relèvent Me Assane Dioma Ndiaye et ses camarades de la Ligue sénégalaise des droits humains, c’est l’affaire Souleymane Diouf dit Farah du nom de ce chanteur en grève de la faim depuis le 02 août passé. C’est la raison pour laquelle, la Ligue sénégalaise des droits humains exprime «ses plus vives préoccupations devant l’image dégradante et indignant qu’offre la situation de Souleymane Diouf dit Farah sous les arbres de la place de l’Indépendance».
D’ailleurs s’interrogent les défenseurs des droits humains dans un communiqué : «Est-ce qu’il y a encore un Etat au Sénégal ?» Car, si cet Etat était encore très fort, jamais, pensent-ils, Farba Senghor n’aurait agi de la sorte. C’est la raison pour laquelle, la Ligue sénégalaise des droits humains rappelle aux tenants du pouvoir que «force doit rester à la loi en toute circonstance en République et qu’il ne peut pas y avoir de citoyens au-dessus de la loi». Et que «l’attitude de Monsieur Farba Senghor constitue un nouveau précédent dangereux et pose, une nouvelle fois, le problème de l’impunité dans notre pays et de la crédibilité de la Justice sénégalaise».
Aliou Diallo
Source : Le Quotidien