Quartier pénitentiaire de Hann. La sécurité carcérale des détenus mineurs en question
La Ligue sénégalaise des droits humains se préoccupe de la sécurité carcérale des détenus mineurs. Le prétexte a été trouvé lors d'une remise de dons aux locataires de ce quartier pénitentiaire de Hann.
La prison des mineurs de Hann est une référence en matière de traitement des jeunes délinquants. Et la réalité observée ne contredit pas la vocation et le prestige de l’établissement pénitentiaire. Pour cause, il n’y existe aucune relation conflictuelle entre gardiens et détenus, caractérisée par des mépris réciproques. Egalement, aucune tension carcérale traduisant un mal-être des détenus n'a été relevée par la délégation de la Ligue sénégalaise des droits humains. Sous la houlette de son président, l'avocat Assane Dioma Ndiaye, une délégation de cette organisation a procédé à une remise de dons aux enfants mineurs détenus à la maison d'arrêt et de correction de Hann, communément appelé Fort B.
L'avocate Rama Bâ, membre de la ligue, était de la partie. Une « action symbolique » qui constitue un élan de solidarité visant à « développer une culture de philanthropie et de mécénat à l'endroit de ces personnes vulnérables » que sont les détenus mineurs. Ces derniers nécessitent davantage de soutien et une bonne réinsertion sociale pour qu'ils deviennent « utiles à la société et à leur famille ». Me Assane Dioma Ndiaye précise l'objet de cette visite : « C'est une action que nous menons en faveur des mineurs qui sont détenus. C'est d'abord un geste de solidarité. Nous estimons qu'ils sont en conflit avec la loi et ne doivent pas se sentir exclus de la société. Des organismes comme le nôtre viennent souvent s'enquérir de leur situation pour participer à l'effort d'éducation, avec notamment des supports pédagogiques qui entrent dans le cadre de leur éducation. Ces mineurs doivent ressentir toute l'assistance dont ils ont besoin, parce qu'ils ne sont pas conscients de leurs actes. » Identifier les différents problèmes que rencontre l'administration pénitentiaire des mineurs et diagnostiquer les conditions matérielles qui entravent la mission des éducateurs spécialisés ont aussi été l’autre préoccupation des activistes des droits de l'homme. Le lot réceptionné par le régisseur de la prison des mineurs de Hann, Mme Awa Faye Ngom, va servir de support pédagogique à ces détenus mineurs, « momentanément en conflit avec la loi », à travers des séances de vision collective.
Au quartier pénitentiaire de Hann, un éducateur spécialisé travaille aux côtés des locataires de l'établissement pénitentiaire pour mineurs avec qui il partage sa vie quotidienne. Cependant, la prison souffre de maux qui entravent la mission des éducateurs spécialisés. Notamment le manque de supports pédagogiques pour gérer une population qui se renouvelle constamment. A ce jour, 48 adolescents sont incarcérés dans cet espace ayant une capacité d'accueil de 80 détenus. La délégation de la Ligue sénégalaise des droits humains a également procédé à des visites au niveau des différents sites de la prison, notamment l'infirmerie, le foyer, la cuisine, l'espace réservé au sport et divertissement, entre autres.
En dehors des maisons d'arrêt et de correction, la Ligue sénégalaise des droits humains entend élargir son programme annuel en plan d'action dans d'autres sphères de la société telles que les enfants talibés, les femmes sous le coup de violences conjugales, etc. Un programme de réinsertion sociale accompagné d'un projet éducatif est aussi inscrit dans l'agenda de cette organisation spécialisée dans la promotion et la défense des droits de l'homme.
Pape NDiaye
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