Me Assane Dioma Ndiaye sur les conflits en Afrique : « Elles profitent a un caste d'hommes politiques avides de pouvoir et de richesses. »

Publié le par lsdh.over-blog.org

me_assane-dioma-ndiaye.jpg"A qui profite les conflits en Afrique?". C'est au tour de cette question que l'Union des ressortissants Rwandais au Sénégal (Urrs), en partenariat avec la Raddho (Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme) et l'IRRI, a convié des experts hier vendredi  8 avril au siège de la Raddoddho. C'est à l'occasion de la commémoration du 17e anniversaire de la tragédie Rwandaise de 1994. "Les conflits en Afrique profitent à un caste d'hommes politiques avides de pouvoir et de richesses. Ils s'accrochent au pouvoir ou ils sont obnubilé par le pouvoir". C'est Me Assane Doma Ndiaye, coordonnateur de la Ligue sénégalaise des droits humains qui répond ainsi à la question "A qui profite les conflits en Afrique", thème d'un panel organisé dans le cadre de la commémoration du 17e anniversaire du génocide Rwandais de 1994.

 

 Selon le panéliste, "ce sont les grandes masses qui payent. Que ce soit au Rwanda en République Démocratique du Congo (RDC), au Liberia, en Sierra Leone, au Soudan ou en Côte d'Ivoire, on a des richesses énormes qui ne profitent qu'à quelques personnes". Ce qui fait que les peuples africains ne parviennent pas à profiter de l'émergence parce que les biens, au lieu de servir pour le développement, sont utilisés pour acquérir des armes. L'aspiration des populations est reléguée au second plan.

 

Me Assane Dioma Ndiaye, la question est mal posée. C'est un raccourci car depuis les indépendances on a tendance, pour justifier les conflits et crises, à se dédouaner sur l'occident et les fabricants d'armes qui cherchent à écouler leur marchandises. Or, note-t-il, "le problème est endogène et est à chercher dans la relation des Africains avec le pouvoir".

 

Me Assane Dioma Ndiaye souligne que c'est le bilan humain qui intéresse les organisations de défense des droits de l'homme. C'est pourquoi, à son avis, les réponses à ces conflits c'est  d'abord naturellement "le mécanisme de la compétence universelle juridique qui est censée être dissuasive" ( avec le Cour pénale internationale - Cpi-). Et la solution est toute trouvée avec le principe d'urgence démocratique et le principe d'ingérence humanitaire.

 

 

Et d'inviter, au sortir des crises humanitaires ivoiriennes et libyennes, la communauté internationale à opérationaliser ces deux principes en fixant des règles de telle sorte que tout Etat qui viole les principes démocratiques fondateurs se voit appliquer le principe d'ingérence démocratique. Et, c'est la communauté internationale qui se réservera le droit d'intervenir militairement sous mandat du Conseil de sécurité de l'ONU comme c'est le cas en Côte d'ivoire. Pour le second, celui d'ingérence humanitaire, va prévaloir en cas de violations de droits humanitaires massives. Là aussi, c'est la communauté internationale qui interviendra militairement pour protéger les populations et arrêter les exactions. 

 

Me Assane Dioma Ndiaye précise qu'il s'agit de principes généraux universels et impersonnels qui ne visent ni continent ni pays. Ils doivent s'appliquer à tous si les cas cités ci-haut se présentent, sans distinction aucune. Pour être efficace, les deux principes doivent être encadrés par la justice internationale (Cpi) pour qu'en cas d'action, la justice soit la phase finale, les responsabilités situées et les auteurs punis conformément à la loi.

 

Samuel Hakizimana président de l'Urrs rappelle que l'objet de la rencontre de se poser la question pourquoi toujours ces atrocités alors qu'après le génocide Rwandais en 1994 qui avait emporté plus d'un millions de personnes, on avait dit "plus jamais ça"  et pensé que "l'Afrique allait faire sa mue, mais, hélas on ne semble pas pas tirer les leçons" regrette Me Assane Dioma Ndiaye. Si les perdants sont connus (les Africains) l'Urrs pose cette question clé pour essayer de comprendre les enjeux de ces conflits meurtriers.

 

Le public invité à ce débat ouvert n'a pas effectué le déplacement. Des panélistes, Alioune Tine, Président de la Raddho, Me Assane Dioma Ndiaye, Pape Samba Kane et Alioune Fall, journalistes consultants et Samuel Hakizimana président de l'Urrs, ce sont prêtés aux questions des rares journalistes présents.

 

Ibrahima Diallo

 

Lire l’article a la source : Sudonline

 


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