Me Assane Dioma Ndiaye rectifie Moustapha Guirassy

Publié le

Le gouvernement, à travers son porte-parole, Moustapha Guirassy, n’a pas raconté la vérité dans au moins deux cas de torture. Telle est la conviction de Me Assane Dioma Ndiaye, coordonnateur de la Ligue Sénégalaise des Droits de l’Homme. Selon lui, sur les cas Badara Diop et Modou Bakhoum, au moins, les choses ne se sont passées tel que le ministre l’a dit dans sa lettre-réponse au rapport d’Amnesty International.

 

Me Assane Dioma Ndiaye, avocat de famille de la famille de feu Alioune Badara Diop, décédé en décembre 2007 dans les locaux du commissariat de Ndorong, s’est dit surpris par le communiqué du ministre de la Communication, Moustapha Guirassy, porte- parole du gouvernement.

 

Selon le ministre, après le décès d’Alioune Badara Diop, « des mesures disciplinaires prises par les autorités ont conduit à la traduction du commissaire en cause devant la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Kaolack qui a prononcé à son encontre le retrait de sa qualité d’Opj (Officier de police judiciaire) ».

 

C’est faux, rétorque le militant des droits de l’homme. « Il n’y a pas eu de poursuite contre les policiers qui sont supposés avoir commis les actes de tortures ayant conduit à la mort de Badara Diop. La seule personne qui a été poursuivie, c’est un policier à la retraite, celui-là même qui avait donné la convocation à Badara Diop pour répondre au commissariat. Il a été poursuivi pour usurpation de fonction et exercice illégal de la fonction de policier ».

 

Me Assane Dioma Ndiaye soutient que ce que le ministre dit est d’autant plus faux que « le rapport de la police a conclu en un suicide par pendaison ».

 

« Comment peut-on alors revenir pour dire que les personnes soupçonnés d’avoir commis des actes de torture sur la personne d’Alioune Badara Diop ont été sanctionné ? », s’interroge l’avocat.

 

Pour ce qui est de l’affaire Modou Bakhoum, décédé, dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 janvier 2009, dans les locaux de la Brigade de la Gendarmerie de Karang où il était gardé à vue pour trafic de chanvre indien, « une autopsie a été ordonnée et une enquête ouverte. Le premier rapport d’autopsie fait par le médecin de la localité était dubitatif par rapport aux faits allégués. Le corps fut alors transporté à Dakar où une seconde autopsie a été pratiquée et qui a conclu que Modou Bakhoum serait décédé de mort naturelle », écrit le ministre de la communication dans son communiqué.

 

Me Assane Dioma Ndiaye rectifie. « Il n’y a pas eu d’autopsie. La seule pièce dont dispose la famille, c’est le certificat d’inhumer délivré par le Procureur dans lequel il est mentionné « mort naturelle », dit-il.

 

Mohamed Diaw

 

Source NETTALI.NET

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article