Interdiction de la mendicité dans les rues de Dakar

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assane dioma ndiaye me

La ligue des droits humains parle de mesure discriminatoire, stigmatisant une catégorie de Sénégalais.

La mesure prise par le gouvernement de Souleymane Ndéné Ndiaye interdisant purement et simplement la mendicité dans les artères de la capitale sénégalaise continue de susciter moult réactions au sein de l’opinion nationale.Même si elle est en parfait accord avec la mesure qui selon elle va dans le sens du respect de la loi, la ligue sénégalaise des droits humains (LSDH), met en garde contre la stigmatisation d’une minorité de la population.


« Nous récusons la discrimination car dans l’application d’une loi on ne peut pas stigmatiser une catégorie de personnes », a indiqué Me Assane Dioma Ndiaye qui s’est désolé qu’une telle loi ne soit applicable qu’à Dakar.

 

Approuvant la décision prise par l’Etat de faire respecter la loi en interdisant la mendicité, la ligue sénégalaise des droits humains par la voix de son coordonnateur Me Assane Dioma Ndiaye, s’insurge toutefois contre ce qu’elle qualifie de discrimination contre une certaine minorité de la société sénégalaise. Car, selon Me Assane Dioma Ndiaye, en prenant toutes les dispositions idoines pour faire respecter la loi contre la mendicité, le gouvernement du Sénégal devrait également en faire autant pour éradiquer d’autres délits qui s’inscrivent dans ce même registre, comme le racolage ou encore les activités auxquelles se livrent les marchands ambulants. « Et les lois contre les prostituées ou encore les marchands ambulants ? »

 

Pour Me Assane Dioma Ndiaye, si cette loi interdisant la mendicité dans les espaces publics vise justement à préserver une forme de sécurité et de quiétude des personnes, il existe aussi d’autres lois qui, elles aussi, devraient inéluctablement être applicables à d’autres, comme les prostituées ou encore certains marchands qui occupent illégalement des espaces publics.

 

« Dans l’application d’un règlement ou d’une loi, on ne peut pas viser des catégories particulières. Ce qui pose problème concernant cette mesure prise par le gouvernement interdisant la mendicité à Dakar, c’est surtout la confusion qui a été entretenue. Il y a certes un certain nombre d’activités illégales et qui sont en porte-à-faux avec les lois de la République. Parmi celles-là figurent la mendicité, mais également d’autres comme le racolage ou encore les marchands ambulants. Maintenant, ce que nous autres militants des droits humains récusons, c’est cette forme de stigmatisation et cette discrimination », a-t-il indiqué. « le gouvernement y est allé de manière irréfléchie. »

 

En outre, le coordonnateur de la ligue sénégalaise des droits humains désapprouve le fait que cette loi contre la mendicité ne soit applicable que dans la capitale sénégalaise. « Il est inacceptable et incompréhensible que l’application de cette loi ne concerne que Dakar, et pas les treize autres régions. La loi est générale et impersonnelle, et n’a aucune circonscription ni restriction géographique. Elle doit s’appliquer sur toute l’étendue du territoire national.Dans l’articulation qui a été faite de cette répression systématique, le gouvernement y est allé de manière irréfléchie, d’abord en visant une catégorie de personnes toute particulière, et puis en faisant en sorte que seule une région parmi les quatorze du Sénégal, soit concernée par cette mesure », conclut-il.

 

Gora Kane

 

Source : L'AS Quotidien

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